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En ce moment, tu es l'héroïnomane qui a décidé d'arrêter de se piquer. Les premiers jours sont attroces, tu souffres comme une damnée. Si tu tiens bon, tu en sortiras, sinon libérée, au moin fortifiée contre la drogue. Si tu craques, tu auras vécu l'enfer pour rien.
Ma métaphore n'est pas gratuite: ce type est un stupéfiant. La première fois, il t'a procuré un plaisir fulgurant, qui n'a pas cessé de s'amenuiser depuis, jusqu'à disparaître. Tu crois l'aimer quand tu éprouves pour lui de la dépendance. C'est un sentiment misérable, à l'image de celui qui te l'inspire.
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Je ne fus pas capable de la moindre réflection: il faut un minimum de vide en soi pour parvenir à déménager les idées et à trouver leur bonne emplacement. J'étais trops plein.
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Amélie Nothomb. Attentat
[ C'est un des premiers romans d'Amélie Nothomb, et on y retrouve ce cynisme si délectable qui la caractérise. Encore un livre qui fait refléchir, et dont la fin est bouleversante de cruauté. ]